Françoise Dolto et Bourg-la-Reine

Françoise Dolto est inhumée au cimetière de Bourg-la-Reine - tout comme son fils Carlos. Sa mère, Suzanne Marette née Demmler, est étroitement liée à l'histoire de Bourg-la-Reine.

La branche maternelle de Françoise Dolto est étroitement liée à l’histoire de Bourg-la-Reine.

Suzanne Marette, née Demmler, est en effet la petite fille de Jules Demmler, initiateur de la construction du temple protestant de la rue Ravon. Jules Demmler est né en 1807 à Nuremberg, en Allemagne. Il épouse Caroline Duvernoy, française de Montbéliard, en 1832. Officier Wurtembergeois, précepteur à la cour de Wurtemberg, il quitte l’Allemagne pour s’installer en France alors que la conquête allemande menée parles prussiens entraînait la destitution des ducs de Wurtemberg.

Ami de Napoléon III, Jules Demmler occupe alors le poste de professeur d’ allemand à la prestigieuse École d’application du Corps Royal d’État Major qui forme l’élite militaire issue des écoles de Saint-Cyr et de Polytechnique. Il est naturalisé français, ainsi que ses enfants, dont Arthur Demmler, père de Suzanne Marette et grand-père de Françoise Dolto.

La famille s ’installe en 1856 à Bourg-la-Reine

Dans un premier temps ils habitent au 80 Grande Rue (actuellement le 104 de l’avenue du Général Leclerc) puis impasse Gabrielle d’Estrées après 1863. Leur fille Sophie, née en 1853, meurt en 1857 à Bourg-la-Reine. Elle est la première Demmler à être enterrée dans le cimetière où la plupart des descendants (Marette, Dolto) seront inhumés.

avenue du lycée lakanal

Au centre de l’image, accolée à la Villa de François Hennebique, la maison où résidait Auguste Demmler. Ingénieur des mines, Auguste Demmler (fils de Jules, oncle de Suzanne Marette) a été conseiller municipal entre 1894 et 1896 et a habité rue du Lycée Lakanal jusqu’à sa mort en 1901. Après la disparition de son épouse Augusta en 1917, la propriété fut vendue signant la fin de la présence des Demmler à Bourg-la-Reine. En sa mémoire, le nom « Auguste Demmler » a été donné (entre 1921 et 1926) au petit chemin reliant Sceaux à la rue du Lycée Lakanal.

L'édification du temple protestant de Bourg-la-Reine

Protestant, Jules Demmler fréquente les milieux luthériens allemands et français de Paris, très actifs à cette époque. Il crée une communauté dès son installation : dans son salon se réunissaient les chrétiens de la confession d’Augsbourg de Bourg-la-Reine et de ses environs. Le culte était présidé par des pasteurs venus spécialement de Paris. Bien vite, les auditeurs sont trop nombreux et les lois du Second Empire interdisent les grands rassemblements. L’ un des pasteurs officiant chez les Demmler adresse une demande au Consistoire pour la création d’un lieu de culte ; Jules Demmler organise une pétition dans les communes environnantes, permettant de définir à 200 le nombre d’intéressés.

Le projet de construction du lieu de culte est approuvé par le Conseil municipal du 22 juillet 1859 puis par le décret impérial du 3 mars 1860. Ces décisions ont été obtenues grâce au soutien actif du Baron Haussmann, lui-même luthérien, et à son intervention auprès de Napoléon III. Car entre ces deux dates, le Ministre des Cultes tarde à répondre même si le maire de Bourg-la-Reine, M. Ravon, est favorable à la demande. En effet, après avoir pris l’avis de son conseil municipal, il avait joint une lettre à la pétition de Jules Demmler dans laquelle il avait précisé « l’emplacement choisi pour l’édification dudit temple est assez éloigné de l’église catholique pour ne pouvoir en aucune façon troubler les exercices et les fidèles du culte catholique ». Le temple est bâti sur un terrain situé à l’ angle de la rue Saint-Cyr (avenue de la République) est de la rue Ravon et inauguré le 23 septembre 1860.

temple

Dès 1866, un pensionnat dirigé par Caroline Demmler et deux de ses filles est ouvert rue du Chemin de fer (rue René Roeckel) avant de s’implanter, en 1878, au niveau de l’ actuel 25 avenue du Général Leclerc.